Le Ministère de la Culture


Une source importante d'économie et, surtout, d'égalité républicaine
Une mission de contrôle, d'audit, d'étude, de conseil et d'évaluation
Rapports transmis à Madame Rachida Dati

Monsieur Pierre Oudart a remis en novembre 2023 à la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, les conclusions de la mission qui lui avait été confiée au printemps 2023 sur la situation des 33 écoles supérieures d’arts territoriales. Ces conclusions seront également portées à l'appréciation de Madame Rachida DATI, la nouvelle ministre.

Sénat - Rapport d'information n° 437 (2023-2024), déposé le 20 mars 2024
Les programmes d'investissement d'avenir à France 2030 et les financements exceptionnels accordés au secteur de la culture.

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Marc VERAT
à
Georges SALAÜN
Ministère de la Culture

Monsieur le Chef de Cabinet,

Je vous remercie d'avoir relayé mon courriel du 7 février 2024.

Comme très probable, le Ministère de la Culture n'échappera pas à la règle des économies envisagées afin d'enrayer le déficit de l'Etat. Pour garder la maîtrise de sa dette publique, la France doit économiser à moyen terme 112 milliards d'euros, selon une note du Conseil d'analyse économique. La trajectoire d'un tel effort s'étale sur une dizaine d'années, en privilégiant notamment une baisse des dépenses.

Outre la réflexion actuelle engagée sur l'avenir des Ecoles d'Arts, une suppression pure et simple de la Villa Médicis serait, non seulement logique mais également salutaire au budget. En effet, cette Institution uniquement prévue pour accueillir les lauréats des Prix de Rome perdure, alors que la distinction des Prix de Rome a été abandonnée depuis 1968.
Les Fonds Régionaux d'Art Contemporain constituent aussi une source de dépense anachronique tant au niveau des personnels, que du non-sens des collections qui génèrent incompréhension du public et, surtout, une grande injustice pour une écrasante majorité de créateurs.

Le déficit atteindra 5,6% du PIB, chiffre corroboré lors d'une récente visite à Bercy du rapporteur général de la commission des Finances du Sénat Jean-François Husson, qui a fustigé la "gestion budgétaire calamiteuse" du gouvernement, "incapable de suivre la trajectoire budgétaire qu'il a lui-même fait adopter".
Sylvain Maillard, président du groupe Renaissance à l’Assemblée, a proposé dimanche 7 avril, sur France-info, une "année blanche" sur les pensions de retraite et les prestations sociales.

Les pistes desdites économies restent plurielles et forcément plus ou moins populaires, quant à la proposition du Député Maillard, assurément celle-ci passerait mal !
Concernant le Ministère de la Culture, il faut bien reconnaître que celui-ci privilégie depuis des décennies, une forme de création, de copinage ? peu démocratique, et avec moins d'intervention il y aurait inévitablement moins de dépense :

"La Villa Médicis - Un privilège royal devenu mythe national et républicain !"
Evoquant rapidement les aspects financiers de son contrôle, le Sénateur Yann Gaillard a indiqué que ses observations pouvaient s'appuyer sur des constatations de la Cour des Comptes touchant au calcul des frais de représentation et des indemnités de fonction...

Avec mes respects,
M. VERAT



De : SALAUN Georges <georges.salaun@culture.gouv.fr>
Envoyé : mercredi 7 février 2024 09:12
À : Marc VERAT <m_verat@live.fr>
Objet : RE: Avec les félicitations du jury
 

Bonjour monsieur,

J’ai transmis votre message à la conseillère en charge du sujet.

Bien cordialement.

 

Georges SALAÜN

Chef de cabinet

Cabinet de la ministre de la Culture

 

3 rue de Valois, 75001 PARIS

Tél. : 01 40 15 80 22

www.culture.gouv.fr

 

Capture


Paris, le 09/10/2023

Pierre Oudart a remis à la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, les conclusions de la mission qui lui avait été confiée au printemps 2023 sur la situation des 33 écoles supérieures d’arts territoriales. Ces anciennes régies municipales créées à l’initiative des collectivités locales sont devenues pour la quasi totalité d’entre elles des établissements publics de coopération culturelle (EPCC), en 2011, financés très majoritairement par les collectivités.

Marc Vérat, avis :

Sans proposition de réformes structurelles de fond et sans remise en cause de l’entre-soi institutionnel, le document remis fin 2023 ne propose pas de solution pédagogique, tout juste quelques méthodes qui visent à sortir les écoles d'art de leur "délaissement administratif" et de leur globale marginalisation.
Notons toutefois dans le texte de ce rapport quelques lueurs de bon sens "Il faut privilégier la diversification des formations, leur caractère modulaire, l'acquisition et la certification de savoir-faire - Il faut en finir avec ces diplômes qui cachent de plus en plus mal un nouvel académisme où des étudiantes et étudiants passent trois ou cinq ans avec pour objectif principal de produire "un chef d'œuvre" que l'on appellera "diplôme" et qui encombrera ensuite le garage des parents ou des grands-parents" ou bien le FRAC le plus proche !

Ce document, qui selon son auteur n'est pas un rapport, a pris les avis d'une majorité de Directeurs d'école d'art - d'ailleurs l'auteur en fait partie - ou de conseillers des DRAC qui, naturellement, pensent tous de la même façon avec une vision identique concernant ce que doit être l'art et son enseignement. Au mieux, il ne constitue qu'un répertoire laborieux des Articles, Décrets, Rappels de loi sur le fonctionnement et l'administration des établissements d'enseignement supérieur de la création artistique.

Faire des économies ? Montant prévu pour 2024, environ 110 M€ au niveau national !

Le Ministère de la Culture ne subventionne qu’à hauteur de 11% en moyenne les 33 écoles territoriales, ainsi ces écoles restent à la merci des aléas politiques locaux et de la bonne volonté, notamment, des maires.
Ces écoles s’inquiètent pour leur avenir, c'est pourquoi Madame Rima Abdul Malak a annoncé un plan d’urgence et la nomination de Pierre Oudart, ex-délégué aux arts plastiques au ministère, directeur de l’INSEAMM, Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille-Méditerranée, pour rédiger des préconisations sur les défis structurels des écoles.

Récapitulatif des préconisations Oudart /p.69
- Clarifier le problème du financement
- Réviser les statuts des établissements
- Définir un pilotage territorialisé
- Donner visibilité et valoriser les écoles

Mais rien ou presque sur le contenu des enseignements et les diplômes délivrés, alors que c'est bien là que résident les réels malaises et malentendus.
Il ne s'agit pas de trahir l'art ou la personnalité des étudiants, mais davantage de prendre en considération les incontournables situations économiques et professionnelles des artistes d'aujourd'hui, de leur insertion problématique dans une société avec un marché de l'art, de tout temps, très réduit.
"Il faut privilégier la diversité des formations, l'acquisition et la certification des savoir-faire", justement souligné en page 68 du rapport.
Concrètement, il faudrait pour cela rétablir l'obligation des apprentissages fondamentaux des quatre arts traditionnels : peinture, sculpture, gravure et architecture, auxquels il convient d'ajouter l'histoire de l'art. Autrement dit, les études porteraient sur la couleur et ses techniques - huile, aquarelle - la sculpture et le modelage, le dessin - nu académique, études documentaires - qui reste à la base de tout, sans oublier les lois de la perspective. Ceci sans doute pendant deux ou trois années avant spécialisation.

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LES TERRIFIANTS « FÉLICITÉS DU JURY » DE L’ENSBA-PARIS





Mon agent a pu aller au vernissage de l’exposition des œuvres de la cuvée 23-24 de la trentaine des diplômés avec félicitations du jury de la prestigieuse École Nationale des Beaux-Arts de Paris. Il a pu m’en rapporter un lot de réjouissantes images que je vous joins.
Celles-ci vous donneront une idée de la valeur artistique que nous propose cette expo curatée par Émilie Villez et intitulée, en hommage au land-artiste Richard Long, « Des lignes de désir ».

Les raisons et origines profondes de ces créations restent à analyser ? Et ce n’est pas ce qu’en dit Alexia Fabre, directrice des lieux, qui nous apportera quelque explication plausible : "La question de la diversité dans notre recrutement est fondamentale", nous dit-elle et elle ajoute : "Sortir des sentiers battus, tout en trouvant sa place dans l’écosystème de l’art, l’enjeu de l’exposition est avant tout de présenter au public un panorama de pratiques artistiques contemporaines, ouvrant des pistes de résonance et de réflexion sur l’art et le monde d’aujourd’hui, c’est le fil rouge qui crée du lien. En 2024, nous insisterons sur la transition écologique, qui irrigue déjà tout !".
Que faire ? Que faire ? Que faire ?
Moi, je propose qu’on ferme cette école d’art parisienne, ainsi que toutes les autres régionales, départementales et municipales propageant la même idéologie dévastatrice. La même chose bien sûr pour les FRAC et Centres d'art qui sont intimement liés.

Des félicitations, mais par quel jury ? En tous cas, ni vous ni moi n'en faisions partie. Effectivement elle fut prestigieuse cette école des Beaux-Arts de Paris, dernière du nom d'ailleurs, les autres, celles de province, ne s'appellent plus ainsi depuis les années 70-80.
Les choses de la vie ramèneront leurs lauréats, à défaut de devenir fonctionnaires ou d'être bien nés, à l'ordinaire réalité - du chômage. Quant à fermer les écoles d'art, pas sûr qu'il y ait aujourd'hui une notoire volonté politique.

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Sénat - Rapport d'information n° 437 (2023-2024), déposé le 20 mars 2024
Des programmes d'investissement d'avenir à France 2030 : les financements exceptionnels accordés au secteur de la culture

En application du deuxième alinéa de l'article 58 de la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances, la commission des finances du Sénat a commandé à la Cour des comptes une enquête portant sur les crédits exceptionnels attribués à la culture et aux industries créatives dans le cadre des programmes d'investissement d'avenir, du plan France 2030.
Depuis le premier programme d'investissement d'avenir jusqu'au plan France 2030, la part de ces crédits dédiés au secteur de la culture n'a cessé d'augmenter, jusqu'à atteindre plus de 3 milliards d'euros cumulés au cours des cinq dernières années.
Le panorama qui ressort de ces travaux doit impérativement conduire à une réflexion sur l'usage qui a été fait de ces financements publics : lacunes dans le pilotage et l'évaluation malgré l'importance des moyens consacrés ; absence de lisibilité des dispositifs ; faiblesse du rôle de contrôle laissé au Parlement ; liens avec les filières culturelles parfois limités.
Au-delà du seul secteur culturel, cette enquête doit, selon les rapporteurs spéciaux de la mission Culture, Vincent ÉBLÉ et Didier RAMBAUD, ainsi que selon le rapporteur spécial Jean Raymond HUGONET, permettre de tirer la sonnette d'alarme afin d'éviter que la suite du plan France 2030 ne continue de reproduire ces erreurs.




Les questions de Nicole Esterolle à propos du Centre national des arts plastiques :

- ​Qui a proposé cette œuvre à l’achat du CNAP ? Quelles personnes précisément ?
- Q​ui a accepté de l’acheter ? quelles personnes ?
- Quel a été son prix d’achat ?
- Où avait-elle été exposée auparavant ?
- A-t-elle été achetée à la galerie Papillon de la présidente du Comité des galeries d’art ?
- Quelle somme d'argent revient à la galerie ? Quelle part pour l’artiste ?
- Comment est-elle conservée, notamment ses "fleurs fraîches" ?
- Faut-il s’étonner que cet artiste soit l’un des plus apprécié des FRAC avec 49 pièces achetées par ceux-ci ?
- Cet artiste ne serait-il pas passé par la Villa Arson ?
- Ne serait-il pas également professeur dans une école d'arts de province ?


Une déclinaison installée dans l'ex Centre d'art de Pougues-les-Eaux, fermé définitivement en 2022


Les diplômés de la Villa Arson préparent leur exposition. Tous les accrochages des écoles d'art se ressemblent singulièrement ; cela mesure le degré d'un entre-soi impersonnel et permet également de comprendre pourquoi ces écoles se trouvent en grande difficulté, à tous les niveaux.



LE PALAIS DE TOKYO

Les temps changent ! Vers une source de transformation avec des économies ?
Polémique ou simple constat ?
Un rapport de la Cour des comptes a déjà souligné les fragilités du Palais de Tokyo.
Vingt ans après son ouverture, le plus spacieux centre d’art d’Europe se voit reprocher son modèle de gouvernance et des choix de gestion coûteux.
Créé sous une forme associative, le "PalTok", comme le surnomment les gens du milieu, s’est constitué en 2011 en société par actions simplifiée unipersonnelle, dont l’Etat est l’unique actionnaire.
Le rapport s'interroge sur le modèle économique de l’institution, qui relève bien du ministère de la culture mais qui, en principe, doit trouver environ la moitié de son budget auprès d'un mécénat privé, avec le bénéfice pour celui-ci bien entendu des ordinaires libéralités.
S'agissant d'une forme spécifique d'art aidée par l'Etat, finalement très injustement destinée à une infime minorité, on ne peut qu'être indigné par les quelques riches personnes comme Mrs Arnault ou Pinault qui, comme amateurs d'art contemporain, peuvent effectivement utiliser leur argent comme bon leur semble, mais ne devraient en aucun cas par ce biais du mécénat pouvoir minorer leur impôt sur le revenu.

L'Art académique, nommé péjorativement pompier, bien que généralement toujours et encore apprécié d'un large public a pourtant été décroché des cimaises officielles pendant près d'un siècle. Mais aujourd'hui il occupe la place qu'il mérite entre impressionnistes et symbolistes.
Il ne parait pas du tout certain que l'art contemporain, désormais sérieusement remis en cause et qui repose sur un immatériel concept, connaisse à son tour semblable réhabilitation et gageons que leurs fondations défiscalisées ne laisseront probablement guère de traces.


Les temps changent ! Artistes d'hier et d'aujourd'hui


LOEWE FOUNDATION

A chaque époque son art officiel ! Parfois l'artiste l'ignore, parfois il y adhère plus ou moins et, plus rarement, il s'y oppose ouvertement. Cependant, pour bénéficier par exemple du privilège de la Fondation et donc du Palais de Tokyo, il faut avoir de bonnes relations. 
Les 30 œuvres sélectionnées pour le LOEWE FOUNDATION Craft Prize seront exposées au Palais de Tokyo du 15 mai au 9 juin 2024. La liste des finalistes de cette année comporte de nombreuses œuvres qui réutilisent des matériaux trouvés ou recyclés et met l’accent sur la valorisation et la transformation du quotidien, comme les pneus en caoutchouc et le bois compressé, qui ne sont pas traditionnellement associés à l’artisanat. Certaines œuvres sont guidées par l’intuition et le hasard, tandis que d’autres présentent des formes organiques et biomorphiques.

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Françoise Nyssen, 17 mai 2017


Rachida Dati, 10 janvier 2024

Marc VERAT "L'art contemporain et ses institutions"
Synthèse de P. GIRY LATERRIERE (1996) du Ministère J. TOUBON

ANALYSE :
Une seule idée maîtresse est développée : ne pas privilégier exclusivement un art conceptuel et minimaliste, mais rééquilibrer la mise en valeur d'autres formes artistiques dites plus classiques et rétablir un rapport plus intime entre l'oeuvre et l'amateur. Il ne s'agit pas de nier l'originalité au profit d'un académisme pur, mais simplement d'adopter un point de vue intermédiaire qui prenne en compte originalité, lisibilité de l'oeuvre et impact émotionnel.
Le rôle de l'Etat doit dans ce cas devenir plus impartial et soutenir TOUTES les formes de créations, des plus novatrices aux plus classiques, y compris la peinture dite de chevalet.

AVIS :
Idée intéressante qui a le mérite de mettre l'accent sur des dysfonctionnements dans le domaine des arts plastiques. L'idée est forte, et on ne peut s'empêcher d'adhérer à quelques points de vue contestataires qui soulignent des aberrations (ex : l'engouement pour des "oeuvres" où l'on ignore si elles résultent du génie de la création ou du pur hasard...). Dans cet esprit, les propos s'inscrivent parfaitement dans le débat actuel sur l'art contemporain. Cela se lit très facilement.
On peut regretter qu'une seule idée soit développée (à partir de critiques plurielles). L'auteur se contente de dénoncer des faits et de souhaiter un soutien à l'art classique, sans accompagner son idée de propositions concrètes, et pèche un peu par une vision passéiste.
Il semble délicat de soutenir de tels propos sans marquer une opinion trop catégorique, qui attaque de plein fouet les institutions.

1/ Le constat / Les reproches :

a) Expositions :
Similitude entre toutes les expositions des centres d'art contemporain : oeuvres toutes faites, précaires, ne cachant pas parfois leur refus de plaire... Les nouveaux moyens mis en oeuvre prennent la vedette (installations, mises en scène, performances, happenings...) au détriment des moyens anciens (dessin, peinture, sculpture). (p.5) Il devient difficile de savoir si certaines oeuvres sont le fruit d'un travail ou le fruit du hasard (ex: les pierres disposées en spirale de Richard Long)(ex : lire la description d'une exposition au centre d'art de Pougues p.16 : amusant et éloquent...). C'est l'originalité qui seule prime.

b) Photographie :
La vulgarisation de la photographie accentue la mise à l'écart de la peinture figurative, car la photo est aussi dans le " signifiant " avec l'avantage supplémentaire d'être presque parfaite. (p.6)(p.24)

c) Public :
La fréquentation du public est très modeste dans les centres d'art contemporain. Ex : 800 visiteurs par an au Magasin de Grenoble. Seule exception : la FIAC. De plus, on ignore si le peu d'amateurs d'art conceptuel le sont par goût, par conviction ou simplement pour être à la mode ? Ceci plaide en la faveur de la redécouverte d'une peinture qui satisfasse le spectateur en formes, couleurs, images... Or le faible intérêt du public n'empêche pas les artistes conceptuels de toucher leurs subventions et les pouvoirs publics de ne s'intéresser qu'à eux.

d) Réseaux :
Le système de reconnaissance des artistes s'appuie sur le " réseau ", c'est-à-dire les décideurs qui font et défont la cote d'un artiste sur le marché : une poignée de marchands, galeristes, conservateurs et fonctionnaires des affaires culturelles. Ils déterminent entre eux une valeur consensuelle et l'imposent à tous. En parallèle se constitue un deuxième réseau, à caractère commercial plus modeste, absent des institutions officielles. Dans le premier réseau, qui se dit " noble ", l'art est une affaire d'influence ; dans le second, l'art est une affaire purement commerciale.

e) Commandes :
Aujourd'hui, la commande publique est essentiellement gérée par les DRAC. Quant au choix de l'artiste, il n'y a pas de concours. Ainsi, 75% des oeuvres de commande publique sont des " installations ", confiées à des artistes déjà reconnus (Boltanski, Takis, Le Gac...).(p.12) Même lorsqu'un élu siège au conseil d'administration d'une Frac, il entérine la plupart du temps les choix arbitraires de celui-ci, croyant ainsi prouver son ouverture d'esprit et son modernisme. La légitimité des institutions s'en trouve compromise car le Ministère de la Culture ne remplit plus sa fonction de faire découvrir au plus grand nombre la diversité des courants artistiques.

2/ La proposition / Les souhaits :

En France, le Ministère de la culture et les institutions ont pris le parti de ne soutenir activement (grosses commandes publiques, expositions...) que l'art conceptuel et minimaliste, On pourrait adopter le contraire en disant que l'artiste contemporain "classique" a le droit de privilégier la forme et le signifiant. L'auteur affirme qu'une réhabilitation de la peinture pouvant utiliser des moyens conventionnels semble nécessaire et peut se justifier.

L'idéal serait de revenir à l'adoption du génie artistique d'après Kant : le génie en art ne peut être ni celui qui imite, ni celui qui s'affranchit de toute règle, mais celui qui va innover et inventer de nouvelles règles. Pour créer le sublime, l'artiste doit commencer par se plier à des exigences sans pour autant s'y perdre, puis les dépasser. La notion d'esthétique est bien sûr tributaire d'un temps donné (modes), d'un lieu donné, de personnes... et donc très subjective. Elle n'en demeure pas moins utile car elle forge les jugements de goût. Conclusion : pour Kant, "le génie est un combiné d'inné et d'acquis, de nature et de culture".
Après avoir contesté la légitimité des institutions, l'auteur envisage " la dissolution pure et simple de ces associations et par voie de conséquence la disparition des Frac" (p.l3). Le rôle du Ministère de la culture (et surtout son encouragement à la création), aussi louable soit-il, conduit invariablement à la promotion d'un art officiel, ce qui ne devrait pas être ". Nombreux sont ceux qui lui préfèrent un modèle anglo-saxon peu interventionniste.(p.34). L'auteur met en avant les conclusions de Gabrielle Boyon (p.32) issues de son rapport sur l'avenir des Frac qui confirment le système de réseau.

L'auteur rappelle enfin les grandes étapes de l'histoire de la peinture " classique " pour montrer qu'elle est digne d'intérêt et ne nuit pas à l'évolution : la peinture hollandaise du XVIIeme siècle tournée vers la vie quotidienne (Hals, Rembrandt, Vermeer), le mouvement romantique du XIXeme siècle entre rêve et réalité (Turner, Goya), la sensation visuelle et colorée mise en exergue par le mouvement impressionniste, la redéfinition de l'espace des cubistes...Tous ces mouvements, incontestables, (le succès des grandes expositions sur ces peintres le prouve) démontrent que la valeur artistique résidait bien dans un équilibre subtil entre innovation et supports conventionnels...

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Rapport d'information n° 274 (2000-2001) de M. Yann GAILLARD, fait au nom de la commission des finances, déposé le 18 avril 2001

La Villa Médicis - Un privilège royal devenu mythe national et républicain !

Voici une « Académie » qui n'a plus de tradition à transmettre, qui groupe des lauréats sans aucun centre d'intérêt commun, et qui, même dans ses domaines d'excellence historique, musique et arts plastiques, ne saurait plus offrir ni références ni critères d'évaluation.
Qui invite, aux frais de la République, des artistes au sens le plus large du terme dans une Capitale qui n'est plus, et depuis longtemps, un centre important de création. Où, par conséquent, seuls les historiens d'art et les restaurateurs de tableaux, qu'on a rajoutés à la liste, ont quelque profit intellectuel à tirer de leur séjour.

Evoquant rapidement les aspects financiers de son contrôle, M. Yann Gaillard a indiqué que ses observations pouvaient s'appuyer sur des constatations de la Cour des Comptes touchant au calcul des frais de représentation et des indemnités de fonction, ainsi qu'à la prise en compte des avantages liés à la mise à disposition de logements.
Mais dépassant ces considérations budgétaires, M. Yann Gaillard a voulu d'emblée poser une question fondamentale : quel est le sens, aujourd'hui, d'une telle institution, à partir du moment où la création tend à s'affranchir de toute tradition, et où Rome n'est plus, même à l'échelle de l'Italie, un centre actif de création ?
Indiquant qu'il avait pu constater, au cours de sa visite à la Villa, que les pensionnaires évoluaient dans un monde sans obligations ni sanctions, et que cette liberté ne suffisait pas à les satisfaire de la condition qui leur était offerte par la Villa, le rapporteur a indiqué qu'il existait une disparité évidente entre la situation des pensionnaires à carrière et celle de ceux qui n'en ont pas. Bref, entre les pensionnaires protégés et ceux qui ne le sont pas, distinction recouvrant largement celle entre les fonctionnaires - ou les futurs fonctionnaires - et tous les autres.

L'impossible réforme ?
Le premier des obstacles à une vraie réforme du fonctionnement de la Villa Médicis résulte de ce que celle-ci n'est pas perçue comme nécessaire. La Villa est pour ainsi dire mise à l'abri des critiques, telles les personnes que Jupiter voulait préserver, par le halo protecteur de son rattachement à certains principes fondateurs comme la liberté de création et le mythe du concours.
On est étonné aujourd'hui de la complexité qui présidait par le passé à l'organisation des concours des prix de Rome et du processus de sélection des artistes. La multiplicité et la diversité des épreuves, l'obsession de l'anonymat des candidats, le vote secret des membres du jury ; la sanction enfin de l'opinion du public et de la presse, rendaient, selon Jacques Thuillier, tout passe droit difficile et neutralisaient les protections dont pouvaient se prévaloir les candidats en fonction de leur lien avec tel ou tel atelier ou professeur.

Ainsi, à l'image de l'École normale supérieure, la Villa Médicis se trouvait-elle au sommet d'un système d'enseignement pour constituer la clé de voûte d'une sélection profondément démocratique et républicaine.
Or, il n'y a plus aujourd'hui pour la Villa, cette dynamique du concours avec la procédure de sélection sur dossier, dès lors que sa préparation n'implique plus un effort spécifique mais dépend en réalité de facteurs beaucoup plus personnels et subjectifs.
Par ailleurs, on s'est rendu compte que les expositions d'art contemporain à Rome n'attiraient qu'un public restreint et que, s'il s'agissait de faire connaître le travail accompli par les pensionnaires romains, il valait mieux le présenter dans le cadre d'expositions plus ambitieuses faisant intervenir des artistes de forte notoriété.



Fin de siècle, artistes et officiels à la Villa Médicis
Les Ministres en charge de l'institution changent fréquemment mais celle-ci,
même sans objet, reste permanente !

L’Académie de France à Rome est une institution installée depuis 1803 à la Villa Médicis.
Cet établissement public, relevant du ministère de la Culture, est entouré d’un parc de sept hectares situé sur le mont Pincio, au cœur de Rome.

La création de l’Académie de France à Rome coïncida avec la politique des grands travaux entreprise par Louis XIV : transformation du Louvre, des Tuileries et Versailles. Créée en 1666, sous l’impulsion de Colbert et du Bernin, elle accueillait à la fois les artistes ayant remporté le Premier Prix de Rome et quelques pensionnaires protégés.
À cette époque les pensionnaires, soumis à une discipline rigoureuse, devaient essentiellement consacrer leur séjour à la réalisation de copies de l’Antique ou de la Renaissance.
Avant de s’installer à la Villa Médicis, l’Académie connut plusieurs résidences, le palais Caffarelli en 1673, le palais Capranica, et enfin le palais Mancini en 1725.
Pendant la Révolution, la charge de directeur fut abolie et le lieu saccagé et pillé en 1793. A la suite de ces événements, l’Académie de France à Rome fut supprimée. Elle fut rétablie en 1795 par le Directoire, mais il restait à lui trouver un nouveau lieu d’accueil. Le 18 mai 1803, la France et la Cour d’Etrurie décidèrent d’échanger le Palais Mancini contre la Villa Médicis.

André Malraux nomme, en 1961, le peintre Balthus directeur de la Villa Médicis ; le Prix de Rome commence alors sérieusement à s’affranchir des règles néo-classiques jusque là recommandées.
A la suite des événements de Mai 68, l’appellation "Prix de Rome" sera supprimée et commencera à se posera la question de la légitimité même d’une institution coûteuse comme la Villa Médicis.
En 1971, après plus d’un siècle de tutelle par l’Institut, l’Académie de France, donc le Villa, est rattachée au Ministère de la Culture et les grandes disciplines traditionnelles, architecture, sculpture, musique et surtout peinture, prendront une importance des plus relatives.
De nos jours, le mode de sélection des futurs pensionnaires de la Villa n’est plus clairement établi, il repose essentiellement sur la constitution et l'examen subjectif d'un dossier personnel. En tout cas, il ne se fonde plus sur des lois académiques considérées comme définitivement dépassées et encore moins sur la reconnaissance d'un public, absent et considéré comme profane.

Chaque année, pour chacune des disciplines présentes à la Villa, une présélection est effectuée par des rapporteurs mandatés par la Délégation aux arts plastiques. Ces rapporteurs sont incités à faire appel à des candidats dont ils connaissent déjà le travail, aussi auront-ils une naturelle tendance à soutenir leurs candidats au détriment des autres. Concrètement, il y a donc deux modes de recrutement : le premier avec des candidats parrainés et l'autre avec des prétendants libres, d'emblée défavorisés, ce qui s'apparente assez à une forme de copinage peu démocratique. Ce qui, bien entendu, ne devrait pas être.
Désormais, la Villa Médicis ne présente plus pour les artistes élus une caution suffisante de réussite, mais l'établissement assure encore un lien avec les réseaux d'influence et permet sans doute aussi d’obtenir un poste d'enseignant-fonctionnaire.

En sachant par ailleurs que la nomination au poste envié de directeur de la Villa Médicis se fait par décret du chef de l’État, celle-ci offre surtout des opportunités de reclassement à quelques hauts fonctionnaires ou conseillers politiques, ce qui peut expliquer que même devenue depuis longtemps inutile et sans objet, la suppression de la Villa Médicis ne figure pas à l'ordre du jour, pas plus que sa vente ou sa restitution aux italiens.


Villa Médicis, mai 1925, les pensionnaires des six sections peinture, sculpture, architecture, musique, gravure en médailles et en taille-douce, lors de l'Exposition annuelle des envois de Rome, inaugurée le 12 mai par le roi d'Italie. On reconnaît Jeanne Leleu, à sa droite le directeur de la Villa Médicis le sculpteur Denys Puech, à gauche l'ambassadeur de France à Rome René Besnard et Jacques de la Presle à l'extrême droite, avec des lunettes. Le tableau au mur représente le portrait de Denys Puech peint par Constantin Font, second grand prix de Rome en 1921. La statue est l’œuvre de Charles Cassou, grand prix de Rome en 1920.


Entrée de l'Ecole des Beaux-Arts, rue Bonaparte, Paris, mai 1968
« ...la désintégration d'un système d'enseignement de l'architecture qui, autrefois, dirigeait le monde et qui, en cinquante ans, est devenu archaïque, corrompu et obscur. » La section Architecture, contestée, qui participait au prestige de l'école, deviendra indépendante et les autres enseignements gagneront peut-être en liberté ce qu'ils perdront assurément en rigueur.


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L’APRÈS MAI 1968

En mai 1968, des grèves étudiantes à la Sorbonne, dans les facultés et grandes écoles entraînent la séparation du département d'architecture de l'École des Beaux-Arts, ainsi que la fin, entre autres, du traditionnel Bal des Quat'z'Arts.
Cette date constitue sans conteste une période charnière au niveau de l’enseignement des Arts.
En effet, les anciens critères académiques, jugés trop rigides pour favoriser l’originalité et trop aliénants pour la personnalité des créateurs, se trouvent vivement remis en cause. Les étudiants réclament alors la suppression du Prix de Rome, de la présence obligatoire aux cours avec un alignement sur le système des facultés.
Ces doléances vont être entendues dès 1970 ; année qui entérine, après la suppression du Prix de Rome :
- La fin de la présence régulière aux cours, ce qui ne manquera pas d'engendrer, à plus ou moins long terme, un absentéisme chronique.
- La fin de l’examen de base des Beaux-Arts, le certificat d’aptitude à la formation artistique supérieure (CAFAS) qui, jusqu'alors, authentifiait la maîtrise des techniques artistiques.
A partir de là, les écoles placées sous la dépendance du Ministère de la Culture perdront le monopole de la formation avec la mise en place progressive des facultés d’Arts Plastiques et la création d’un cursus universitaire classique licence-troisième cycle.

Le marché de l'art, les emplois de fonctionnaire dans ce domaine - enseignement et culture - se trouvant de tout temps très réduits, ces deux filières de formation auront comme conséquence d'accroître considérablement les effectifs des étudiants diplômés et d'en laisser par conséquent bon nombre sans aucune perspective de carrière et d’emploi.

Quel contenu pour quel apprentissage aujourd’hui ?

A l’image d’une partie de l’art vivant, l’abandon quasi-systématique des références traditionnelles conduira rapidement à la déliquescence des apprentissages fondamentaux.
A ce propos, on peut d’ailleurs raisonnablement s’interroger sur le contenu réel qui sera communiqué par de jeunes diplômés, n'ayant finalement jamais appris à dessiner et devenus néanmoins professeurs d'arts plastiques, à leur public composé principalement de collégiens.
Toutefois, il faut espérer que face à leur classe, ces nouveaux enseignants sauront définir des objectifs moins confus que ceux professés il y a peu par leurs maîtres, comme en témoigne le passage suivant sur l’enseignement dans les Écoles d’Art, extrait d’une proposition pédagogique datée de janvier 1995 :
« ... C’est en cela, entre la surprise et le sérieux, comme entre le dit et le non dit, que ce projet - il s’agit des trois affiches monochromes sans aucun motif dessiné - peut être un exemple du travail mené dans les écoles d’art. Ce projet pointe la distincte différence des études artistiques, la rigoureuse retenue intime et enclose de leur méthode et la nature entrevue, d’entre-deux, de leur ambition. A titre de métaphore pour la visée des enseignements artistiques, ce projet comme les autres qui auraient pu être sélectionnés, allie imagination et calcul, fait et feinte, idée et acte et répond à un cahier des charges. »

L’Éducation Nationale, elle-même, semble rencontrer quelques soucis avec l'appellation de la discipline artistique en lycées-collèges. Tout d'abord nommée simplement "Dessin", celui-ci dans les années 80, en suivant le modèle de l'art contemporain, s'est élargi aux vocables assez vagues mais plus intellectuels de "Arts Plastiques" pour devenir ensuite plus modestement "Éducation Artistique". En lycée professionnel, sans doute afin de montrer son attachement à la nature plus concrète des études ainsi qu'à la réalité d'une société de consommation où la publicité tient une grande place, l'appellation "Arts Appliqués" a été préférée par les inspecteurs spécialistes en la matière.

Avec le Dessin les règles étaient relativement claires et les références tangibles, l'art ou plus exactement ses savoirs pouvaient s'enseigner et s'apprendre, ils relevaient tout naturellement des compétences de l'enseignement public.
Mais aujourd'hui, à l'heure des modes imposées, comment expliquer aux élèves l'utilité de l'art contemporain ou encore justifier les qualités plastiques de la virgule Nike de leurs chaussures ?
Se pose donc sérieusement la question de savoir s'il faut réformer, maintenir, ou supprimer cet enseignement, tant en lycées-collèges qu'au niveau supérieur : facultés-écoles d'art ?
Autrement dit, les enseignements artistiques, à l’image de ce qui se pratique déjà pour les conservatoires - musique et théâtre, ne devaient-ils pas revenir à la sphère privée ou à la gestion des seules collectivités territoriales ?

S'avère-t-il encore opportun de conserver des structures aussi lourdes, pourvues de fonctionnaires agrégés et même d'inspecteurs généraux en arts, ce qui ne manque pas d'avoir un coût et de générer des circulaires plus inutiles les unes que les autres, pour une matière qui a perdu tout fondement, tout contenu et qui, dans l'état d'esprit actuel et à moins d'en revenir à l'académisme, ne peut plus guère s'enseigner.
Concernant les enseignements supérieurs, sauf à se bercer d'illusions sur d'improbables débouchés, il semble acquis qu'une des deux filières : facultés - écoles d'art paraît de trop. A trop vouloir décerner de diplômes nobles et quel qu'en soit le niveau, la nature même, l’État, l’université…, face à la réalité de la vie, sont devenus aussi de redoutables machines à fabriquer déception et désillusion.

Les Écoles d’Art
56 écoles d'art sont placées sous la tutelle pédagogique de la délégation aux Arts Plastiques du Ministère de la culture. Elles dispensent toutes un enseignement post-baccalauréat et sont accessibles après un concours d'entrée. Les étudiants ont la possibilité d'obtenir des bourses. Les écoles délivrent des diplômes nationaux comme le DNAP (Diplôme National d'Arts Plastiques) après trois années d'études ou le DNSEP (Diplôme National Supérieur d'Expression Plastique) après cinq années.
Enseignée dans quatorze universités, la licence d'arts plastiques s'inscrit dans la continuité du DEUG et compte environ 2000 étudiants en 2010. Elle comporte au moins 450 heures d'enseignement, dont des approches discursives en histoire de l'art avec connaissance de l'art contemporain.
La remise en cause d'un enseignement de masse pour les matières artistiques, sans réels débouchés professionnels mis à part l'enseignement, reste aussi valable pour quelques autres disciplines.

Le FNAC
Les 70.000 œuvres acquises par le Fonds National constituent un vaste panorama des tendances artistiques de 1875 à nos jours. Elles sont présentes dans les lieux publics : Musées, Ministères, Ambassades... mais également pour une grande part dans les réserves.
Le premier service chargé des "ouvrages d'art appartenant à l’État" est créé au lendemain de la Révolution française en 1791. C'est de ce service, doté d'un budget propre aujourd'hui de 3,2 millions d'euros, distinct de celui des musées, qu'est issu le Fonds national d'art contemporain, institué sous cet intitulé en 1976.
A la faveur d'une nouvelle définition des structures dévolues à la création contemporaine, le Fnac passe sous la tutelle de la Délégation aux Arts Plastiques en 1981, elle même dépendante du Ministère de la Culture. Rattaché d'un point de vue budgétaire au Centre national des arts plastiques, il en devient la composante essentielle en 2003 lors de la réforme de cet organisme.
Depuis 1991, le Fnac est installé à la Défense. Une œuvre commandée à l'artiste François Morellet, "La Défonce", en marque symboliquement l'emplacement.

Le Budget culturel :
Le montant alloué au Ministère de la Culture est passé de 0,46% du budget de l’État avant 1981 à plus ou moins 1%, y compris les grands travaux et les nouvelles compétences.
Répartition du budget par domaines d'intervention :
Pourcentages susceptibles de légères modifications en fonction des années considérées.
- Archives : 0,5 %
- Musées : 8%
- Livre et Lecture : 8 %
- Patrimoine : 12,5 %
- Arts Plastiques : 3,5 %
- Théâtre et Spectacles : 9,5 %
- Musique et Danse : 13 %
- Cinéma, Audiovisuel : 16,5 %
- Administration : 24 %
- Développement Culturel : 4,5 %

Nombre d'actions sont financées en partenariat entre État et Collectivités Locales.





Le lien indiqué ci-dessus permet de prendre connaissance des œuvres récemment acquises par les Fonds Régionaux d'Art Contemporain. Il donne également un aperçu exhaustif, après un demi-siècle de reconnaissance officielle, des œuvres générées par l’esthétique d’un Etat français sous influence.

On constatera que moins d’une oeuvre sur dix achetées échappe à cette curieuse norme conceptuelle qui caractérise l'art contemporain.
On y verra la preuve immédiate et intangible que les FRAC ne constituent en aucune sorte un "trésor national", comme l'ont prétendu avec suffisance Jack Lang, Claude Mollard et quelques autres, mais plutôt un scandale d’Etat, par ailleurs peu démocratique et très impersonnel ; une anomalie désastreuse sur l’image que la France, patrie des Arts et de la Culture, souhaite pourtant véhiculer.
Ce lien montre un art de nature insaisissable, seulement compréhensible ? Par une infime minorité de personnes mais qui bénéficie cependant largement des deniers publics.
On observera enfin définitivement que cet art des FRAC, déshumanisé et pour le moins confidentiel, n'a rien à voir avec le sens commun, et encore moins avec les codes de reconnaissance esthétique tels qu’ils existent depuis des millénaires.
Mais cet art des FRAC, fruit essentiellement d’un dérèglement de l’appareil d'état, n’est pas une fatalité. Il suffirait pour les institutions dépendantes du Ministère de la Culture d'arrêter les achats, plus ou moins arbitraires, et tout rentrerait dans l’ordre des choses. Le marché de l'art retrouverait son équilibre et la France, par là même occasion, son indépendance culturelle.


Près de La Charité-sur-Loire et plus précisément dans le hameau de Pète-loup dans la Nièvre, un artiste contemporain reconnu possède une résidence secondaire.
Sa recette pour l'art contemporain :
On commence par Dan Flavin, minimaliste américain, né en 1933, célèbre pour ses installations de tubes néons fluorescents.
On y ajoute Ben Vautier, né en 1935, qui acquiert une certaine notoriété dans les années 60 à travers ses citations.
On obtient alors Claude Lévêque, né en 1953 à Nevers et « Je suis une merde »




Après les tulipes de Koons, on n’échappera pas aux deux gigantesques pneus de tracteur qui vont orner pendant un an l’escalier intérieur de l’Opéra de Paris à l’occasion de ses 350 ans.


L’artiste se défend de toute provocation et déclare : C’est comme un carrousel, une invitation à la danse, à la valse !
Il faut dire que Claude Lévêque peut tout se permettre, puisqu’il fait partie de la dizaine de plasticiens français internationalisables… même si aucun d’eux n’a réussi à l’être malgré l’énorme soutien dont ils ont pu bénéficier pour cela de la part de l’Etat français - donc de l’argent public.
L’artiste dit avoir puisé ses influence dans les milieux festifs parisiens des années 80 où il était un « ambianceur » reconnu des nuits branchées de la capitale ?

Reconverti ensuite à l’art contemporain, Claude Lévêque devint très vite le meilleur « installateur d’atmosphères » dans les lieux de culture et d’art contemporain institutionnels qui raffolent de ses propositions - répulsives pour le commun des mortels mais distinguantes pour le moins commun. Il a d’ailleurs affirmé lui-même qu’une oeuvre est réussie quand on ne peut la supporter plus de trois secondes.
Fervent adepte du tube néon en référence dit-il à « l’Être et le Néon » de Jean-Paul Sartre, il a commis quelques fameuses œuvres, citons notamment « Je suis une merde », « Mon cul, ma vie, mes couilles » et « Ta gueule », dont je vous joins les images.
Les œuvres de cet artiste de la scène franco-française sont présentées par la galerie Kamel Mennour et sont dans la Collection Yvon Lambert. Elles figurent aussi dans la plupart des FRAC et des Musées dédiés à ce type d’art.

Evidemment , ces pneus géants vont déclencher l’inévitable polémique qui va faire monter la cote de l’artiste. Mais au-delà, voici sans doute les bonnes questions à se poser :
1 - Quelle sera la proportion d’amateurs d’art lyrique qui aimeront ces grands pneus ?
2 - Cette œuvre était-elle nécessaire à l’image de l’établissement ?
3 - Quelles sont les personnes qui ont pris la décision de choisir cet artiste ?
4 - Quel est le rôle du Ministère de la Culture dans cette opération ?
5 - Quel est l’implication de la galerie Kamel Mennour ?
6 - Qu’en pense La Mairie de Paris ?
7 - Quel est le coût total de l’oeuvre et quelle en est la part touchée par l’artiste ?
8 - N’y a-t-il pas là une manière d’inciter les gilets jaunes à poursuivre leur combat ?

Nicole Esterolle

Vers la disparition du Ministère de la Culture ?

Dans le domaine de la Culture et à moins d'une suite sérieuse donnée au mouvement des Gilets Jaunes, il faudra sans doute encore patienter afin de voir les choses changer.
Pourtant, en supprimant le Ministère de la Culture avec son budget qui progresse par rapport à 2018 pour s'établit à environ dix milliards d’euros, en hausse de 17 millions d’euros, et puisqu'il s'agit, paraît-il, de faire de nécessaires économies, la somme ainsi mise de côté serait loin d'être négligeable.

La disparition du ministère et donc de tout ce qui va avec : Délégation aux arts plastiques, Centres d'art, Villa Médicis, DRAC, FNAC..., aurait en outre l'énorme et démocratique avantage de mettre fin à l'orientation arbitraire et contre nature de la création artistique en France, c'est-à-dire d'en finir avec une forme d'art officiel. Néanmoins un nécessaire secrétariat dédié aux Patrimoines et gestion de quelques établissements publics comme le Louvre, l'Opéra, Versailles..., serait conservé.
De la même façon comme, et semble-t-il c'est devenu de notoriété publique, on n'apprend plus rien dans les écoles d'art, fermons celles-ci et remplaçons-les par des écoles techniques en arts, ce qui fut d'ailleurs le cas à l'origine de la création des écoles - techniques - des Beaux-Arts.
Peu après 1968, sont également apparues en concurrence aux écoles d'art, les filières universitaires d'arts plastiques qui n’offrent, hélas, aucune perspective de débouchés mis à part l'enseignement – universitaire !
Moins significatif en terme d'économie mais au combien symbolique, mettons fin aux libéralités fiscales des Fondations, de certaines Associations, et taxons les ventes des œuvres d'art lorsqu'elles atteignent des prix qui les associent à de véritables produits de luxe ou autres moyens de spéculation et placement.
A titre d'exemple, ce sont 600 millions d’euros donnés à la Fondation Vuitton, au titre de la défiscalisation, pour ne faire que de la publicité aux produits de la marque. Par la même occasion cet argent public permet d'entretenir les cotes des œuvres d’art de son propriétaire Bernard Arnault, sans oublier celles de la collection de son alter ego François Pinault.

Des collections françaises impersonnelles, sous influences ?

La crispation bipolaire, URSS-USA, qui définit la Guerre froide pendant plus d'une décennie est également culturelle puisque les deux puissances d'alors se combattent aussi par l'intermédiaire de l'image.
Le deuxième conflit mondial a fait des États-Unis une superpuissance économique, militaire et politique qui découvre alors l'impact du "cultural power".
Dès 1946, le ministère des Affaires Étrangères des États-Unis participe au financement de deux grands programmes d'expositions de peintures, vitrine de l'excellence de l'Art américain, amenées à voyager en Amériques du Sud et surtout en Europe.
Afin de promouvoir ladite excellence, le sénateur Fullbright établit parallèlement un programme de bourses qui permet à des milliers d'intellectuels d'effectuer le "Grand tour" américain pour admirer sa richesse culturelle.
Il s'agit par exemple, d'affirmer et d'établir l'émergence d'une nouvelle école spécifiquement américaine : l'Expressionnisme abstrait avec J.Pollock, M.Rothko, A.Gorky...
Cette école qui reste une construction étroitement liée au contexte de la guerre froide sera soutenue par des fondations, des musées, des universités. Le Rockefeller Brother Fund et le Musée d'Art Moderne de New-York ont ainsi largement promu en Europe le Nouvel Art en organisant nombre de publications et d'expositions.
Cependant et afin d'être totalement crédible pour asseoir la dimension internationale des expositions, quelques artistes européens bénéficieront également du soutien américain.
En 1950, Pierre Soulage figure ainsi dans des expositions collectives à New-York, Londres, São Paulo, Copenhague. Dès le début des années 50, ses toiles commencent à entrer dans les grands musées comme la Phillips Gallery à Washington, le Musée Guggenheim et, bien entendu, le Museum of Modern Art de New-York.

Le 1er août 1946, le président Harry Truman promulguait le Fulbright Act, créant ainsi un programme d’échanges internationaux conçu pour développer la compréhension mutuelle entre les peuples. Depuis sa création, le programme a soutenu plus de 370 000 lauréats dans 165 pays.
Grâce aux sommes récupérées par la vente des surplus militaires et à l'initiative du sénateur William Fulbright, qui souhaitait offrir "aux jeunes gens les plus méritants venus de différents pays la possibilité de se rencontrer pour une meilleure connaissance réciproque", le gouvernement américain a pu mettre en place un important programme d'influence, culturel et éducatif, avec les pays désireux d'y participer.

Marc Vérat


Un triptyque de Pierre Soulages mis aux enchères chez Christie's en 2018 pour 1,5 million d'euros

Exposition Soulage et Gilet Jaune

Du 11 décembre 2019 au 9 mars 2020, les toiles de Pierre Soulage seront présentées dans le Salon Carré du musée du Louvre.
"Ils empruntent des toiles à la National Gallery de Washington, au MoMA de New-York, à la Tate de Londres. Tous les grands musées vont prêter. Ils vont décrocher tout le Salon Carré pour installer mes toiles, Giotto, Ucello, et les autres, y compris la Maesta de Cimabue", précise Pierre Soulages dans une interview à la Dépêche du Midi.
L’artiste, né à Rodez en 1919, grand-croix de la Légion d’honneur, fête ses 99 ans et une de ses toiles vient d'ailleurs de franchir la barre de dix millions de dollars aux enchères à New York. Les présidents de la République française viennent tous lui rendre visite avec déférence. Un peintre panthéonisé de son vivant, déifié par le marché international de l’art, exposé en 2009 au Centre Pompidou. Le maître du noir, sera ainsi accueilli au Louvre, dans le saint des saints des musées français. La part de vanité du vieil artiste ne peut donc qu'en être satisfaite.

James Johnson Sweeney fervent soutien du sénateur Fullbright, conservateur au MoMA de New York de 1935 à 1946 puis directeur du Guggenheim de 1952 à 1960 et directeur à la Galerie de France à Paris en 1960, a parrainé Soulages dès le début et participé activement à la reconnaissance du peintre de "l'outrenoir" aux Etats-Unis, avant même celle dont il bénéficiera en France.


Exposition Ad-Reinhardt, New-York 2013

Toujours durant ces années 50 et en complément à l’expressionnisme abstrait, les mêmes Etats-Unis organiseront la promotion du « Minimal Art », terme employé la première fois par le critique américain Richard Wollheim.
Ce mouvement prétend débarrasser la peinture et la sculpture de tout ce qui ne leur est pas spécifique : plus de sujet, plus de forme, mais seulement la couleur sur un grand format. La planéité sobre, exprimée par quelques couleurs vives, constitue son credo artistique.
Barnett Newman (1905-1970) est l’un des artistes les plus importants de l’école de New-York et du minimalisme. Il réalise des monochromes appelés « All over », ses toiles sont recouvertes uniformément de peinture. Sol Lewitt utilise la ligne horizontale, verticale ou oblique dans un format carré en multipliant les combinaisons. Quant à Robert Ryman, adepte du blanc comme l'est du noir Pierre Soulage, il construit ses toiles avec de forts empâtements. Parmi les artistes de cette tendance on peut encore citer : Kenneth Noland, Ad Reinhardt, Franck Stella.
Une décennie plus tard, ce sera le tour de l'art conceptuel, si cher aux réseaux institutionnels et grands marchands actuels, avec la promotion notamment de l'américain Joseph Kosuth. 


Robert Ryman
Art contemporain et contre-culture ?
Le principe des manifestations d'art contemporain change peu depuis 40 ans et reste toujours aussi obscur ! Toute forme d’objet, pour suivre l'idée de Marcel Duchamp, peut devenir artistique si le monde de l’art le présente comme tel, avec grands renforts de textes, de théories et de marketing culturel.


LE LIT DE TRACEY

Tracey a été appelée d'urgence à la Tate Gallery de Londres pour réinstaller son lit. Un lit aux draps tachés par l'urine, auprès duquel on trouve une petite culotte maculée de sang, un test de grossesse, des préservatifs usagés, des plaquettes de pilules contraceptives, des bouteilles de vodka et des serviettes hygiéniques.
Dans ce lit, Tracey Emin a vécu huit jours pénibles après avoir été laissée par son ami. Comme exutoire, elle décida de le conserver, tel quel, sous forme d'installation pour ensuite le proposer au Turner Art Prize et remporter le prix de 200.000 F.
My Bed, d'après les personnes autorisées du musée est une oeuvre forte, de vérité, qui souligne une «innocence sous-jacente»... Ce point de vue n'a semble-t-il pas totalement convaincu les deux artistes chinois qui, ce dimanche 24 octobre 1999, ont malicieusement sauté sur My Bed pour engager une bataille de polochons. (The Guardian)


Effectivement, quelques-uns ont trop d'argent alors :
"Ils ne sont plus dans le monde "normal" : ils gâchent, ils gaspillent, ils jouent cruellement, ils choquent. Chaque production de l'art contemporain veut dire avant tout cela : je ne suis pas dans le monde des ploucs qui travaillent, produisent des choses utiles ou réfléchies, je suis au service de l'hyperclasse qui peut gaspiller, distordre, jouer, transgresser, choquer...

A partir de là, je pense qu'il est presque inutile de s'intéresser aux oeuvres et à leur inflation : ce sont de simples signes tout à fait interchangeables pour conforter l'hyperclasse dans son autosatisfaction béate, rien de plus. Lorsque l'on a compris que toute oeuvre d'art contemporain est uniquement le signe d'une distanciation "réussie" - ni trop peu : elle passe inaperçue ; ni trop choc : elle est irrecevable.
En dessous, les "petits bobos" fonctionnent plutôt par fascination pour cette froideur mentale. Cette fascination envieuse pour l'indifférence affective est un mode de fonctionnement mental extrêmement répandu puisqu'il y a une sorte de dressage au respect de l'artiste glacé."

Je maintiens que la critique théorique de l'art contemporain est faite. On sait que c'est l'art correspondant à une certaine étape, une certaine phase du capitalisme. En fait, il n'y a peut être pas un document, livre ou article, faisant une critique complète, "systématique" de l'art contemporain, tout simplement parce que les gens qui écrivent n'ont pas les moyens des universités, des institutions de recherche. Mais ce n'est pas très important : on trouve d'excellents articles courts, très mordants et incisifs qui valent bien une thèse universitaire.
Le combat contre l'art contemporain peut et doit donc devenir un combat pratique. Mais ce n'est pas le plus facile !
La spécificité de l'art, au sens des "beaux-arts" c'est évidemment qu'il représente le monde sous forme sensible, affective, esthétique, "pathétique" comme on disait. C'est cette spécificité que l'on doit considérer si l'on veut intervenir dans le monde de l'art, d'une manière ou d'une autre...

Jacky Rossignol


Très peu d'artiste chez les Gilets Jaunes et pourtant !
Et pourtant les artistes auraient eu de bonnes raisons de s’associer à la révolte, car il n’existe aucune catégorie socio-professionnelle aussi maltraitée, méprisée, disqualifiée, instrumentalisée que la leur par un appareil d'état dont l’arrogance symbolise bien ce verticalisme jacobin et technocratique qui est reproché à la gouvernance de ce pays.

En effet, pour ce qui concerne le domaine de la création artistique, le dispositif d’Etat mis en place dans les années 80 par le couple Lang-Mollard, sous prétexte de soutien à la création et d’exception culturelle française, est le seul au monde qui permette un interventionnisme aussi contre-productif et ravageur, aussi injuste envers les artistes et qui justifierait autant une grosse colère de ceux-ci.
Ce dispositif a permis de privilégier un art très exclusif, un art du discours sur l’art, sur son absence ou son non-sens. C’est ainsi que cet art, qualifié de contemporain par un hold up sémantique, persévère aujourd’hui à casser les codes aux frais du contribuable, combien même il n’y aurait plus d’argent dans les caisses ni aucuns critères de reconnaissance et de légitimation.
Ce dispositif mis en place est le seul à avoir su conjuguer les vertus du soviétisme le plus bureaucratique à celui du libéralisme le plus échevelé, à avoir su réunir d’une part, une gauche identitaire bien-pensante et, d’autre part, un capitalisme spéculateur, destructeur de l’art véritable.
Il est le seul à avoir fait de ses écoles des Beaux-Arts des lieux de détournement et endoctrinement au duchampisme radical, hautement destructeur d’art.
Il est le seul à avoir pu maintenir pendant quarante ans, un entre-soi aussi verrouillé que sectaire.
Et enfin , comble du comble de l’impudence, tous ceux qui ont osé contester le discours du dispositif d'état seront traités de populistes, de réactionnaires, de lepénistes fascistes, etc...

La dernière manifestation collective d’artistes date du 21 avril 2006. La manifestation avait regroupé 500 personnes environ près du Ministère à Paris, à l’occasion de la réforme du statut des artistes. Manifestation regardée d’un œil très critique par les syndicats SNAP CGT et CAAP.
La fièvre gilets jaunes contribuera-t-elle à sortir les artistes de leur apathie, de leur individualisme et de leur incapacité à se soutenir entre eux ?
On rêve de les voir investir symboliquement les colonnes de Buren ou taguer les tulipes de Koons…

Et si l'on assistait dans le domaine des arts visuels à un effet "gilets jaunes" !
Le fonctionnement de cet appareil d’État dédié à la création plastique obéit également à ce verticalisme jacobin et technocratique, qui est reproché par les « gilets jaunes » à la gouvernance, autant de droite que de gauche, et qui règne en ce pays depuis des décennies.
Cet appareil a réussi à placer le dispositif public français aux services des grands réseaux de spéculation artistique sous influence nord-américaine.
Il a réussi à faire disparaître dans les Ecoles d'art l'enseignement du dessin, sculpture, peinture et gravure, au profit du concept duchampien.
Il a réussi par d’énormes subventions à discréditer la France sur la scène artistique internationale.
Il a réussi à remplir les collections publiques d’œuvres vides de contenu sensible et poétique et qui n’auront aucune valeur dans 20 ans.
Il a réussi, au bout de quarante ans de cooptation consanguine, à obtenir cette belle dégénérescence intellectuelle qui les ridiculise.
Il a réussi finalement à détourner le public des choses de l'Art. Alors, pourquoi les artistes n’ont-ils pas su réaliser les premiers ce que les Gilets Jaunes ont eux réussi à faire ?

Nicole Esterolle


Atelier Jules Cavelier, école des Beaux-Arts, Paris fin de siècle

*  *  *

Janvier 2024 - Le Ministère de la Culture, sa mission

Le ministère de la Culture a pour mission de rendre accessibles au plus grand nombre les oeuvres capitales de l'Humanité et d'abord de la France.
À ce titre, il conduit la politique de sauvegarde, de protection et de mise en valeur du patrimoine culturel dans toutes ses composantes, il favorise la création des oeuvres de l'art et de l'esprit et le développement des pratiques et des enseignements artistiques.
Il contribue, conjointement avec les autres ministres intéressés, au développement de l'éducation artistique et culturelle des enfants et des jeunes adultes tout au long de leurs cycles de formation.
Il encourage les initiatives culturelles locales, développe les liens entre les politiques culturelles de l'État et celles des collectivités territoriales et participe à ce titre à la définition et à la mise en oeuvre de la politique du Gouvernement dans le domaine de la décentralisation.
Il veille au développement des industries culturelles. Il contribue au développement des nouvelles technologies de diffusion de la création et du patrimoine culturels. Il veille au développement et à la valorisation des contenus et services culturels numériques.
Il définit, coordonne et évalue la politique du Gouvernement relative aux arts du spectacle vivant et aux arts plastiques.
Il met en oeuvre, conjointement avec les autres ministres intéressés, les actions de l'État destinées à assurer le rayonnement dans le monde de la culture et de la création artistique françaises et de la francophonie.
Il contribue à l'action culturelle extérieure de la France et aux actions relatives aux implantations culturelles françaises à l'étranger.
Pour l'exercice de ses attributions, la ministre de la Culture a autorité sur le secrétariat général, la direction générale des patrimoines et de l'architecture, la direction générale de la création artistique, la direction générale des médias et des industries culturelles, la délégation générale à la transmission, aux territoires et à la démocratie culturelle, la délégation générale à la langue française et aux langues de France, l'inspection générale des affaires culturelles, le haut fonctionnaire de défense et de sécurité et le bureau du cabinet.
Il exerce la tutelle sur le Centre national du cinéma et de l'image animée. Il a également autorité sur l'inspection de la création, des enseignements artistiques et de l'action culturelle.
Le ministre de la Culture assure, conformément à leurs dispositions statutaires, la tutelle des établissements publics relevant de ses attributions.

Le Ministère en chiffres

• 18 DRAC & DAC (directions régionales des affaires culturelles) et 3 services en Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Saint-Pierre et Miquelon.
• 79 EP (établissements publics) : 59 établissements publics administratifs (EPA), dont 20 écoles d’architecture et 5 écoles d’art en région, 19 établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC), 1 établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP).
• 20 SCN (Services à compétence nationale) : musées nationaux et autres services.

11.000 étudiants ont été formés dans les 44 écoles nationales supérieures d'arts plastiques et d'arts appliqués sous tutelle du ministère de la Culture en 2017-2018.
6 millions d'euros ont été distribué en 2021 par le Centre national des Arts plastiques pour soutenir la création artistique.

Le Déficit en chiffres

Depuis plus de quarante ans, les dépenses de l’État sont supérieures à ses recettes. Ainsi, le budget fait apparaître un déficit. L’accumulation de ces déficits au cours des années constitue la dette de l’État.
Le déficit public français sera au-dessus des 5% du Produit intérieur brut en 2023, c'est-à-dire qu'il atteindra 154 milliards d'euros .
Il atteindra 5,6% du PIB d'après le rapporteur de la commission des Finances du Sénat Jean-François Husson, qui a critiqué la gestion budgétaire du gouvernement. Dix milliards d'euros de coupe ont été actés mi-février sur le budget de l'Etat 2024. Mais il faudra compléter l'ajustement dans toutes les actions possibles de la dépense publique.
Il faudra trouver 20 milliards d'euros d'économies dans le budget 2025, sur de nouveaux thèmes concernant par exemple les aides au cinéma ou à l'art contemporain...

Source : https://www.budget.gouv.fr/
melanie.joder@finances.gouv.fr
jean-marc.oleron@finances.gouv.fr

La direction du Budget est une direction du ministère de l’Économie et des Finances. Forte d’environ 400 agents, elle est dirigée depuis le 23 août 2021 par Mélanie Joder.

Missions :
Définition de la politique des finances publiques, de la politique budgétaire de l'Etat ainsi que des outils de pilotage de ces politiques.
La direction du Budget propose au Gouvernement une stratégie en matière de finances publiques, avec un objectif de soutenabilité du budget et de performance des politiques publiques. Son champ d’action interministériel et son expertise budgétaire confèrent à la direction du Budget un périmètre d’intervention portant sur l’ensemble des politiques publiques.

Budget prévisionnel du projet de loi de finances 2024
536 Recettes totales en Md€ - 684 Dépenses totales en Md€

Budget du Ministère de la Culture : 5 Md€, environ 0.6 % du budget total
Création : 1.0 Md€ - 21.0 %
Patrimoines : 1.5 Md€ - 30.0 %
Presse et médias : 0.4 Md€ - 7.7 %
Soutien aux politiques du ministère de la culture : 0.8 Md€ - 17.2 %
Livre et industries culturelles : 0.4 Md€ - 7.7 %
Transmission des savoirs et démocratisation de la culture : 0.8 Md€ - 17.2 %

Données concernant les opérateurs* arts plastiques :
Académie de France à Rome : 10.9 M€
Centre national des arts plastiques : 11.2 M€
Ecole nationale supérieure des beaux-arts : 15.7 M€
Ecole nationale supérieure des arts décoratifs : 15.7 M€
Ecoles d'art en Région : 19.9 M€

* Les crédits en faveur des opérateurs s'élèvent à 56,5 Md€ (60,1 Md€ dans la loi de finances initiale pour 2024). Ils peuvent représenter plus de 75 %, voire 100 % des crédits d'un programme.

Les opérateurs de l’État sont des organismes distincts de l’État, au statut juridique public ou privé, auxquels est confiée une mission de service public. Placés sous le contrôle direct de l'État, ils sont financés en majorité par lui. On retrouve parmi les opérateurs des grands établissements publics comme les universités, Pôle emploi, Météo France ou le CNRS.

*  *  *


L'Allégorie de l'art ou le combat des influences

L'influençable anthropoïde, sous le regard et avec l'accord tacite du petit ministre interchangeable, essaie en vain de tordre le cou à l'art académique.
L'art contemporain qui repose sur l'immatériel concept et l'éphémère au détriment de la peinture, pense gagner le combat grâce au soutien des institutions... La peinture académique, son exact contraire, connut effectivement une mise à l'écart d'au moins un siècle, les œuvre ont été décrochées des cimaises des musées, mais comme là il restait une trace tangible, de surcroît populaire, alors elles ont été raccrochées.
Qu'en sera t-il pour l'art contemporain soutenu par l'Etat, donc par l'argent public? On peut raisonnablement penser, à plus ou moins long terme, qu'il n'en restera rien ou presque.



« On marche sur la tête ! »

L'Art contemporain en France avec des achats d'Etat sans identité, plus de 40 000, qui gaspillent l'argent du contribuable, bien entendu sans lui demander son avis. Cette grotesque imposture que représente l'art contemporain va bien finir par s’effondrer sur elle-même…


Jeff  Koons, Tulip, The Greater Fool Theory

Souvenons-nous de la tulipe : un produit de luxe et un marché en expansion !
La première bulle spéculative de l’histoire éclate en Hollande, en février 1637 avec une forte spéculation sur les tulipes, au cours de laquelle des bulbes de tulipes s’échangeaient au même prix qu’une maison à Amsterdam.
Le XVIIe siècle marque le « siècle d’or » hollandais. Les Provinces-Unies, autrement dit la Hollande, constitue l’un des États européens les plus modernes, notamment en matière d’art et de culture. Sur le plan économique, la création de la Compagnie des Indes Orientales en 1602 assure le développement des échanges internationaux et du système financier du pays. Cette domination commerciale permet aux Provinces-Unies de se hisser au rang de première puissance économique mondiale.
Jusqu’en 1634, le marché de la tulipe est semblable à celui du marché de l’art. Un milieu réservé aux plus aisés où le client passe commande à un horticulteur pour faire pousser la variété qu’il désire. La commande est passée à partir de l’automne lorsque les bulbes sont plantés, et les tulipes qui attirent le plus ne sont pas les plus belles mais les plus rares. La demande pour certaines espèces favorise la formation de la bulle spéculative.

À partir de 1635, plusieurs innovations financières accélèrent le développement de ladite bulle. L’innovation la plus importante est l’introduction des billets à effet. Ces derniers précisent les caractéristiques du bulbe et son prix. Ceci permet aux acheteurs de revendre un bulbe encore en terre, en échangeant non plus le bulbe lui-même mais le billet, un papier faisant office de titre.
Les transactions augmentent et il n’est pas rare de voir un billet à effet, changer de mains à de multiples reprises avant la floraison de la tulipe. Les contemporains parlaient d’ailleurs de « windhandel », le commerce du vent.

Plusieurs éléments psychologiques sont avancés pour expliquer les bulles spéculatives. L’un d’entre eux se nomme « The Greater Fool Theory », la théorie du plus grand fou. Selon cette idée, les investisseurs peuvent acheter un titre même s’ils sont persuadés qu’il est surévalué, car ils pensent qu’un autre individu – plus fou encore – sera prompt à le racheter plus cher. Le mécanisme fonctionne et les prix augmentent jusqu’à atteindre « le plus grand fou ». Dès lors, la bulle éclate et plus personne ne se porte acquéreur.

L’éclatement de la bulle
Les sources fournissant l’évolution du prix des tulipes à cette époque sont rares. Le marché n’est pas régulé et il n’y a donc pas de cours officiel.
Il apparaît toutefois qu’en janvier 1637, au sommet de la bulle, une tulipe pouvait valoir jusqu’à 15 années de salaire d’un artisan. Un bulbe de la variété Semper Augustus – la plus recherchée à l’époque – se serait même échangé pour 10 000 florins, soit l’équivalent de deux maisons en ville.
L’éclatement de la bulle, se produit le 3 février 1637. Le krach sera déclenché notamment par l’absence d’acheteurs lors d’une vente aux enchères dans une taverne d’Haarlem. Cela suffira pour provoquer le retournement du marché ; il ne faut que quelques heures pour que la nouvelle de l’absence d’acheteurs se propage à la ville entière et quelques jours pour que l’information atteigne l’ensemble des Provinces-Unies. Les bulbes de tulipes deviennent alors invendables.

*  *  *

De : Nicole Esterolle <nicole.esterolle@yahoo.fr>
Envoyé : lundi 20 mai 2024 12:02
À : Marc VERAT <m_verat@live.fr>
Objet : TR: ART CONTEMPORAIN : COMMENT A-T-ON PU EN ARRIVER LÀ ?

Merci Marc. J'ai passé ceci sur mon facebook :

"MARC VÉRAT, CONSULTANT ARTS PLASTIQUES AUPRÈS DU MINISTÈRE
Ayant pris enfin conscience des dégâts commis par sa politique pour les Arts Plastiques, le Ministère de la Culture vient de faire appel à un consultant extérieur pour redresser la situation.
Voici une récapitulation des échanges que Marc Vérat a eu avec les gens concernés de ce Ministère.
C’est tout à fait passionnant. (Nicole Esterolle y est citée plusieurs fois)"

A lire ici :

Consultant, grâce à vos informations.
Pourquoi pas ! Mais entièrement bénévole, qui ne coûte donc rien aux contribuables.

Le ministère de la Culture et ses quelques 16.000 agents, les régions avec les FRAC, constitueraient pourtant un excellent terrain pour la mise en pratique des mesures d'économies souhaitées par le gouvernement actuel.
Cependant le problème de l'art contemporain reste ardu, malaisé et lent dans sa transformation à cause en particulier de cette intervention de l’État dans les domaines de la culture.

Bien entendu, toutes décisions politiques ne seraient pas sans conséquence pour des milliers de fonctionnaires réduits plus ou moins au reclassement, et pour les quelques collectionneurs spéculateurs ou les quelques rares artistes vivant de subvention ou de commande officielles.
Mais à bien réfléchir, les propositions de réforme émises par la mission d'audit rétabliraient non seulement justice et équité sociale, mais aussi et surtout impartialité du marché avec l’indispensable équilibre budgétaire recherché par la France.

Un peu d’histoire

L'Art, de tout temps, a principalement été le fait du "Prince" et dès les années 80 l’Etat français a décidé de renouer avec une tradition, chère à l'Ancien Régime mais aussi à la Troisième République, celle de l’achat et la commande publics.
Louis XIV encourage et pensionne des artistes et des écrivains.
Pour honorer ses célébrités et ses grands événements, la Troisième République intervient largement dans le domaine artistique en faisant fréquemment appel aux artistes qui doivent alors respecter les canons dictés par l’Académie et par le Jury du Salon.
En 1959, André Malraux crée un véritable ministère des Affaires Culturelles, administration unique en son genre, qui récupère les attributions du ministère de l’Industrie pour le cinéma et celles dévolues au ministère de l’Education en ce qui concerne les Arts, Lettres et Architecture.
Dans nos Républiques, dites démocratiques, se sont désormais quelques hommes politiques, hauts-fonctionnaires, critiques ou marchands influents, qui décident des choix de la commande publique dont le principe semble finalement immuable, à la nuance près que celle-ci peut désormais s’affranchir du goût du plus grand nombre.

Les institutions françaises se sont appuyées très fidèlement sur un consensus de reconnaissance internationale, aux normes dictées par les Etats-Unis, et sur un cercle étroit de galeries ayant comme cible principale le marché des institutions muséales. Ces dernières, publiques comme privées, afin de se rendre crédibles, doivent obligatoirement détenir une part des oeuvres représentatives de ce goût international, lui-même distribué par ces galeries. Cette valeur consensuelle, déterminée par et à travers ce système, induit donc une dépendance de tous ses membres sous peine d'un effondrement rédhibitoire du système.
Parallèlement à l’institutionnalisation de l’art, on a assisté à la fonctionnarisation de spécialistes. C’est l’Etat qui, par sa politique de formation et de recrutement, établit le pouvoir de ses experts qui ensuite gèrent et contrôlent les collections, les achats, les écoles et les musées.

La Troisième République connaît l’apogée d’une forme d’académisme avec, au sommet de la hiérarchie des genres, le "grand style" qui traite obligatoirement l’histoire ou encore la mythologie sur des toiles de format souvent imposant. L’Institut dicte la norme et l’obtention d’un Grand Prix de Rome représente le meilleur gage de réussite pour l’artiste.
Si désormais on admet que cette situation constitue l’art officiel d’alors, il n’est peut-être pas inutile de souligner le rôle analogue qu’a exercé la Délégation aux Arts Plastiques à partir de la loi de décentralisation initiée en 1982 et qui a vu la mise en place des FRAC, cogérés par l'Etat et les régions, le mécanisme des Centres d’Art auxquels s’associent des écoles d’art.
Ce mécanisme s’apparente au processus qui régissait par le passé, l’enseignement - le Salon - la récompense. En d’autres termes, la Délégation s’est donnée et a reçu pour consigne d’encourager par ses aides ou par l’intermédiaire de la commande publique un type de création bien spécifique.
Il apparaît dès lors probable qu’une part importante de l’art contemporain soit conçue dans l’esprit et à destination des institutions que sont par exemple les FRAC ou le FNAC. Ces lieux constituant d’ailleurs bien souvent son seul débouché. En outre, cet encouragement à la création sera fatalement, à un moment ou à un autre, suspecté sans doute à juste titre de copinage et de parti-pris peu démocratique.


André Malraux lors de l'inauguration de l’exposition « Chefs d’œuvre de l’art mexicain »
au Petit Palais, Paris 13 juin 1962, mais à cette époque, nulle parité, on reste entre hommes !


18 avril 1964 - Maison de la culture de Bourges, André Malraux :" Il faut que nous puissions
rassembler le plus grand nombre d'œuvres pour le plus grand nombre d'hommes ".


Marcel Duchamp, 1887-1968 - Porte-bouteilles 1914 / 1964
Fer galvanisé : 64 cm Diamètre 42 cm - Achat, 1986, Centre Pompidou

L'objet original, aujourd'hui disparu, portait une inscription dont l'artiste prétendait ne pas se souvenir, témoin de la désinvolture qui entoure l'élaboration du readymade. Pourtant Duchamp scelle ici le choix d'une esthétique visuelle indifférente, le choix du hasard et de l'importance du n'importe quoi !

En 1914, Marcel Duchamp acquiert au Bazar de l’Hôtel de Ville un porte-bouteille et il écrit à sa sœur quelque temps plus tard afin de lui demander d’exécuter sa démarche artistique :
« Prends pour toi ce porte-bouteilles, j’en fais un readymade à distance. Tu inscriras en bas et à l’intérieur du cercle du bas, en petites lettres peintes avec un pinceau à l’huile en couleur blanc d’argent, l’inscription que je vais te donner ci-après et tu signeras de la même écriture comme suit : Le Hérisson d’après Marcel Duchamp ».
Le ready-made : un objet ordinaire promu au rang d’œuvre d’art par la volonté de l’artiste, qui lui donne un sens nouveau, est né.

Plus d'un siècle après une Association Internationale des Critiques d’Art en restera là !

Durant les Trente Glorieuses la critique d’art en France était indépendante de l'Etat, des Ministères et des réseaux financiers.
Après guerre, L’AICA, une Association Internationale de Critiques d’Art fut créée par des résistants, dont Jacques Lassaigne, journaliste au Figaro, qui devint en 1971 conservateur en chef du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.
L‘Etat culturel n’existait pas encore, les FRAC non plus, pas de délégués aux arts plastiques ni d'inspecteurs à la création, pas davantage de galeries subventionnées mais le public restait présent en nombre aux expositions. L’éco-système naturel de l’art demeurait encore intact. Tous les journaux mensuels et quotidiens, nationaux et régionaux, avaient leur rubrique régulière sur les expositions d'art, pas encore appelé contemporain. Le critique d’art était un homme libre, généralement proche des créateurs.

Aujourd’hui la plupart des critiques de cette association AICA sont inféodés aux réseaux institutionnels et grands marchands, afin de répondre au besoin de textes laudateurs - qui finiront néanmoins au pilon - afin de rédiger sur commande des catalogues ou des monographies agréés et subventionnés par le Ministère de la Culture.
Ces critiques qui se déclarent historiens-philosophes de l’art, qui sont par ailleurs souvent professeurs-fonctionnaires en écoles d’art ou maîtres de conférence à l'université, ne manquent bien entendu pas de prétention. Pourtant ils ne font finalement que reprendre en la cautionnant l'idée de Marcel Duchamp.


Le Pot, version contemporaine du Porte-bouteilles, de Simon Nicaise, acquis par le FRAC-Normandie

Les FRAC, voulus par un gouvernement de gauche, entérinés par un gouvernement de droite, ont contribué non seulement au discrédit de la gauche mais également à la détérioration durable de l'image de l'Art. L'art s’est coupé de la base populaire et laborieuse en devenant l'affaire, comme jamais auparavant, d'une classe extrêmement minoritaire.


Ulrich Meister - Collection FRAC Hauts de France
Achat à la Galerie Tanya Rumpff en 2000 (prix d’achat non mentionné)

Cette poubelle, au sens propre, nommée par Ulrich Meister en 1994 : Untitled, titre d'ailleurs porté généralement par ce genre de production, reflète non seulement une emprise internationale mais aussi  le manque d'identité des Frac. En effet, ceux-ci ne peuvent en aucun cas concevoir un art contemporain qui soit peint, figuratif et technique, local, régional ou même national.

Le MAC VAL et Eric HATTAN
Un exemple significatif qui répond au goût des institutions culturelles françaises

Le musée d'Art contemporain du Val-de-Marne, surnommé MAC VAL, est situé place de la Libération à Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. Inauguré en novembre 2005, son bâtiment a été conçu par l'architecte Jacques Ripault.

Eric Hattan est né le 10 octobre 1955 à Wettingen en Suisse.
Évènements au Frac Sud, du 31 janvier au 4 mai 2014. Habiter l’inhabituel et Laissez-vous guider par les voix de l’artiste et de Pascal Neveux, directeur du FRAC Paca, pour entrer dans l’exposition.
Eric Hattan, grand amateur de chaises, apprécié non seulement des FRAC, du MAC VAL, mais également par Alexia Fabre, directrice de l’Ecole Nationale des Beaux- Arts de Paris et ex-directrice dudit MAC VAL.
Bref ! On reste entre-soi afin d'entretenir l'art officiel du moment.





Ci-dessus en 2024, Etel Adnan, achat à la Galerie Lelong, l'une des récentes acquisitions  du MAC VAL et ses quelques partenaires institutionnels, tout un symbole du détournement de l'argent public :
CAUE 94 - CIPAC
Commissariat général à l’égalité des territoires
Comité régional du Tourisme
Département de la Seine-Saint-Denis
Drac Île-de-France
Direction régionale de la jeunesse des sports et de la cohésion sociale
Institut français
Mairie de Vitry-sur-Seine
Ministère de l’Éducation nationale
Région Île-de-France

MAC VAL - Musée d’art contemporain du Val-de-Marne
contact@macval.fr - Directeur, Nicolas.Surlapierre@valdemarne.fr

*  *  *
Art contemporain, profil type


Les lauréats du Prix de Rome 1957, une époque révolue en 1968

L'Oeuvre :
- Actuellement une photographie floue, au genre indéterminé qui peut être de qualité médiocre, mais de grand format avec, au centre, un éclairage néon qui clignote. Le tout agrémenté d'un fond sonore répétitif.
Le Titre :
- De préférence en anglais : UNTITLED
La Démarche :
- Le processus de l'assimilation de la source lumineuse et sonore, de sa mise en valeur et de l'atténuation floue jouent un rôle récurrent majeur désopilant. Les calculs parfois ironiquement exagérés et contraints ne livrent pas seulement le protocole détaillé de la propre démarche intrinsèque mais ils introduisent aussi l'aspect délibérément arbitraire et ambigu des systèmes géoponiques, sémiques et sémantiques qui se réfèrent à eux-mêmes en s'ouvrant finalement sur des lectures multiples qui questionnent le spectateur le plus ordinaire...
L'Artiste :
- Vit et travaille à New York, appartient et est issu de la bourgeoisie aisée.
Pour appartenir à la scène de l'art occidental le talent n'est pas indispensable, par contre la connaissance du réseau est incontournable et le carnet d'adresse doit-être des plus influant.


Messieurs Koons et Buren - Ces deux personnes peuvent avoir le sourire ; en effet, fait extraordinaire et des plus rare, elles vivent confortablement de leurs productions. Mais savent-elles exactement pourquoi ? Un heureux hasard ? Une banale question de chance ou d'opportunisme ? Ou bien encore d'époque et de relations ?
En tous cas, savoir-faire et talent, sans parler de goût, paraît nullement obligé.

EN ART « CONTEMPORAIN », LE RIDICULE NE TUE PAS… IL VALORISE.
… Bien au contraire, car dans ce monde à l’envers, c’est le grotesque qui devient la norme et le signe d’une distinction intellectuelle et sociale. cf/N.E.

LE PARADOXE de l'art contemporain en France.
La culture générale s'est démocratisée. A la version latine de la Troisième République s'est progressivement substituée la sélection par les mathématiques, aux résultats peu contestables et sans doute plus justes. Dans le domaine des Beaux-Arts, l'académisme a laissé place au "concept", forcément subjectif, donc sujet à une sélection arbitraire.
Outre les partisans de l'art moderne, les lauréats-professionnels de l'art contemporain ont très souvent tourné en dérision la peinture académique et dénoncé l'ancien système des Beaux-Arts. Néanmoins la tendance qui privilégie le conceptuel et le minimalisme bénéficie généreusement du soutien de l'administration, véritable substitut aux Salons officiels du Second Empire et de la Troisième République. Mais au contraire de l'art académique, en son temps incontestablement populaire, l'art contemporain n'a pas ou presque pas de public et sans l'appui des structures mises en place par l'Etat français son existence même paraît improbable, sa légitimité s'en trouve donc vivement remise en cause.



De : Marc VERAT <m_verat@live.fr>
Envoyé : dimanche 22 septembre 2024 10:40
À : antoine.armand@finances.gouv.fr <antoine.armand@finances.gouv.fr>
Cc : nicole.esterolle@yahoo.fr <nicole.esterolle@yahoo.fr>
Objet : Budget 2025, comment faire des économies ?

Monsieur le Ministre de l'Economie et des Finances,

Pour reprendre votre interview donnée au JDD : "Le nouveau ministre de l'Économie estime qu'il ne serait pas responsable d'exclure d'office certaines hausses d'impôts", je vous propose également quelques pistes d'économies et de bien vouloir visiter le lien :


Afin de garder la maîtrise de sa dette publique, la France doit économiser. Je me permets donc de suggérer quelques pistes concernant notamment les domaines et Opérateurs culturels.

Le budget de la culture, après cinq années de hausse, se trouve réduit cette année de 204 millions d'euros. Parmi les institutions qui en ont fait les frais, l'Opéra de Paris et la Comédie française ont perdu respectivement 6 et 5 millions d'euros. Mais d'autres économies, chiffrées cette fois non plus en millions mais en milliards, ne seraient pas pour autant impopulaires, le Centre national des arts plastiques coûte aujourd'hui 11.2 M€ et l'Académie de France à Rome 10.9 M€.

Une suppression pure et simple de la Villa Médicis serait, non seulement logique mais également salutaire au budget. En effet, cette Institution uniquement prévue pour accueillir les lauréats des Prix de Rome perdure, alors que la distinction des Prix de Rome a été abandonnée depuis 1968.
Les Fonds Régionaux d'Art Contemporain constituent aussi une source de dépense anachronique tant au niveau des personnels, que du non-sens des collections qui génèrent incompréhension du public et, surtout, une grande injustice pour une écrasante majorité de créateurs...

Bien entendu, toutes décisions ne seraient pas sans conséquence pour des milliers de fonctionnaires réduits plus ou moins au reclassement, et pour les quelques collectionneurs spéculateurs ou les quelques rares artistes vivant de subvention ou de commande d’Etat.
Mais à bien réfléchir, les propositions de réforme émises rétabliraient non seulement justice et équité sociale, mais aussi et surtout impartialité du marché avec les indispensables économies recherchées par la France.


Pour conclure


Publié le 8 octobre à 22h23

Un employé iconoclaste ?
Le technicien de surface a pensé bien faire en jetant à la poubelle deux canettes de bières vides. C’était en réalité une œuvre du musée.
Un employé du LAM Museum de Lisse aux Pays-Bas a, par mégarde, mis à la poubelle une des œuvres du musée. Selon le Midi Libre, qui cite l’AFP, l'œuvre en question est un assemblage de deux canettes de bières vides, intitulé “Tous les bons moments que nous avons passés ensemble” et réalisée par l'artiste français Alexandre Lavet.
Par chance ? La conservatrice du musée s’est aperçue de la disparition des canettes de bières à temps et a pu les récupérer avant qu’elles ne quittent l’enceinte du bâtiment.
Suite à l’incident, la directrice du musée a confié que l’objet serait désormais placé plus traditionnellement sur un socle, pour éviter que cela ne se reproduise.
Jusqu’alors, l’assemblage était exposé dans une cage d'ascenseur en verre. Un choix surprenant qui correspond toutefois aux attentes du musée, qui souhaite valoriser un art qui “encourage les visiteurs à voir les objets du quotidien sous un jour nouveau”, ajoute la responsable du LAM Museum.

Il s'agit en fait de deux canettes peintes à la main à l'acrylique. Mais leur valeur artistique a toutefois échappé au technicien qui les a jetées à la poubelle.
Froukje Budding, du musée LAM de Lisse, a déclaré à l'AFP que les œuvres d'art étaient souvent placées dans des endroits inhabituels "Nous essayons de surprendre le visiteur à chaque fois", a-t-elle expliqué.
La conservatrice Elisah van den Bergh a récupéré l'oeuvre dans un sac poubelle juste à temps alors qu'elle était sur le point d'être jetée. Nous avons maintenant placé l'œuvre sur un socle, pour qu'elle puisse se reposer après son aventure. Elle a souligné que le technicien de surface ne faisait finalement que son travail.



Fait divers au Ministère de la culture
Le haut fonctionnaire s'ennuie ! Alors, comme Ulrich Meister, cité plus haut, il donne dans l'art contemporain.

JORF n°0237 du 13 octobre 2018 - texte n° 68
Arrêté du 10 octobre 2018 portant retrait d'emploi (directions régionales des affaires culturelles)
NOR: MICB1823868A - ELI: Non disponible
Par arrêté de la ministre de la culture en date du 10 octobre 2018, l'emploi de directeur régional adjoint des affaires culturelles de la région Grand Est occupé par M. Christian Nègre, administrateur civil hors classe, lui est retiré dans l'intérêt du service.

Les artistes ou les pervers ? Restent plutôt rares au ministère, plus nombreux sont les fonctionnaires qui ne servent pas à grand chose et Christian N. en représente le parfait exemple.
Le temps paraît parfois long dans la fonction publique, alors on s'occupe comme on peut !
Basé sur une liste qu'il a lui-même constituée, Christian N., haut fonctionnaire du ministère de la Culture a administré des diurétiques a plus de 200 jeunes femmes entre 2009 et 2018 afin de les photographier en train d'uriner.
Lorsque ce recruteur reçoit les candidates dans son bureau, il leur offre aimablement une boisson chaude complétée d'une dose de diurétique. Peu après, le haut fonctionnaire propose une visite dans le quartier. Sous l'effet des diurétiques les jeunes femmes finissent par avoir envie d'uriner, mais leur recruteur s'arrange pour les éloigner des toilettes publiques ou des bars. Alors, elles accomplissent leur besoin naturel dans la rue, sous un pont, à même le sol... Une situation humiliante, sous le regard de leur agresseur, qui les cache avec son manteau mais sans rien perdre bien entendu de la scène.

"Je me suis soulagée par terre, quasiment à ses pieds. J'étais humiliée et honteuse", raconte Claire. Autre témoignage, celui de Karine : "Au bout d'un moment l'envie est trop forte, je sentais mon ventre gonfler, j'étais au bord du malaise. Sous un pont, j'ai baissé mon pantalon et ma culotte, et j'ai uriné. Pendant ce temps, il tenait son manteau devant moi pour me cacher et regardait mon visage". Élise, elle, réussit à se retenir malgré la souffrance : "Je lui dis clairement que je ne me sens pas bien. Je m'écroule de douleur. Des gens se sont agglutinés autour de nous. Il a dit aux passants qu'il était DRH au ministère, puis m'a proposé d'uriner derrière un baraquement de chantier et de me cacher avec sa veste.

L'affaire finit par éclater le 15 juin 2018 à la Drac Grand Est, où Christian N. est directeur régional adjoint. Un collègue le prend alors en flagrant délit et le dénonce à sa hiérarchie, malgré le statut de Christian N., et sa longue carrière aux ministères, ses passages à la Direction générale de l'administration et de la fonction publique, à l'égalité des droits entre les femmes et les hommes au ministère de la décentralisation, de la réforme de l'Etat...
L'intéressé finira par reconnaître avoir photographié et peut-être intoxiqué les femmes qu'il rencontrait dans le cadre de ses fonctions. Suspendu en octobre 2018, le fonctionnaire est révoqué trois mois plus tard, en janvier 2019, date à laquelle une enquête a été ouverte par le parquet de Paris. Placé en garde à vue fin octobre 2019, Christian N. est désormais placé sous contrôle judiciaire et mis en examen.

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