Arts visuels et autres chiffres clefs 2022-2024

Les chiffres relatifs à la fréquentation du public restent sujet à controverse puisqu'ils émanent directement des institutions concernées qui auront une tendance naturelle à les majorer, ne serait-ce que pour justifier budget et effectifs de fonctionnaires.

Le départ de Rachida Dati
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Avec le départ programmé de Rachida Dati, début 2026, le moment opportun s'offre pour l'Etat de faire de sérieuses économies.
Il s'agit, ni plus ni moins, de passer d'un coûteux et peu démocratique ministère de la Culture à un simple secrétariat d'état. Aujourd'hui, seulement une poignée d'"artistes", tout domaine confondu, peut prétendre bénéficier d'une aide ministérielle.

Quelques données
Effectifs du ministère de la Culture
Selon les chiffres du ministère, en 2024 il y avait environ 7 400 agents directement employés dans l’administration centrale du ministère.
Selon un rapport du Sénat, en 2023 le ministère de la Culture rémunère 28 485 emplois, équivalents temps plein, dont :
8 969 emplois, personnels directement rémunérés par l’État.
19 526 emplois via les opérateurs ou agences, qui sont des structures subventionnées ou créées par le ministère.
Le constat du Sénat souligne que le ministère de la Culture est caractérisé par un réseau d’opérateurs considérable.
Les crédits dédiés aux fonctions de soutien du ministère, autrement dit la masse salariale liée au fonctionnement du ministère augmente toujours.
Pour le Rapport Social Unique 2023, le ministère compte 28 485 agents, dont 80 % travaillent dans des établissements publics (opérateurs comme les Musées), et environ 5 % en administration centrale.
Le gouvernement veut réduire le nombre de fonctionnaires pour faire des économies, ce qui laisse entendre qu’il estime certains effectifs excessifs. L’administration d’État ne cesse pourtant de grossir et des voix critiquent un manque de lien clair entre les agents et un service public rendu aux citoyens ou, en l'occurrence ici, aux créateurs.
Pour résumer, avec 5,8 millions de fonctionnaires au total, la France fait partie des pays de l’OCDE en comptant le plus. Plus précisément, 22% des emplois sont publics et ce pourcentage ne diminue pas. Ce nombre est davantage marqué parmi les fonctionnaires territoriaux.
Le ministère de la Culture quant à lui emploie de nombreux fonctionnaires mais soutient très peu les artistes, et cela, quelque soit leurs domaines d'expression.

Culture 4 Md€
Sources : Rapports annuels de performances - comptes financiers des opérateurs en comptabilité générale
Opérateur
Ressources 
Part du financement public 
Dont taxes affectées
Part
CNC - Centre national du cinéma et de l'image animée
0,9 Md€
93.4 %
0.84 Md€
23.1 %
Musée du Louvre
0,32 Md€
30.6 %
-
8.1 %
BnF - Bibliothèque nationale de France
0,28 Md€
74.39 %
-
7.3 %
Opéra national de Paris
0,25 Md€
40.15 %
-
6.5 %
INRAP - Institut national de recherches archéologiques préventives
0,2 Md€
48.72 %
0 Md€
5.1 %
CMN - Centre des monuments nationaux
0,19 Md€
28.09 %
-
4.9 %
CNAC-GP - Centre national d'art et de culture - Georges Pompidou
0,17 Md€
47.44 %
-
4.3 %
EPV - Etablissement public du musée et du domaine national de Versailles
0,16 Md€
23.69 %
-
4.2 %
Rmn-GP - Réunion des musées nationaux - Grand Palais
0,15 Md€
18.63 %
-
3.8 %
Universcience
0,13 Md€
67.28 %
-
3.4 %
EPCMPP - Etablissement public de la Cité de la musique - Philharmonie de Paris
0,11 Md€
53.52 %
-
2.9 %
CNM - Centre national de la musique
0,11 Md€
90.68 %
0.07 Md€
2.8 %
Musée d'Orsay et musée de l'Orangerie
0,1 Md€
37.49 %
-
2.5 %
Ecoles d'architecture - Ecoles nationales supérieures d'architecture
0,09 Md€
73.68 %
0 Md€
2.3 %
EPMQB - Etablissement public du musée du quai Branly
0,07 Md€
70.14 %
-
1.7 %
EPPGHV - Etablissement public du parc et de la grande halle de la Villette
0,07 Md€
41.88 %
-
1.7 %
Comédie Française
0,04 Md€
46.19 %
-
1.1 %
CNSMD Paris - Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris
0,04 Md€
76.85 %
-
1.0 %
MuCEM - Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée
0,04 Md€
54.43 %
-
0.9 %
Etablissement public du Mobilier National
0,03 Md€
89.04 %
-
0.9 %
CNL - Centre national du livre
0,03 Md€
96.41 %
-
0.8 %
CAPA - Cité de l'architecture et du patrimoine
0,03 Md€
72.97 %
-
0.7 %
Musée Picasso
0,03 Md€
100 %
-
0.7 %
Opéra comique
0,02 Md€
51.94 %
-
0.6 %
EPMSM - Etablissement public du Mont-Saint-Michel
0,02 Md€
19.22 %
-
0.6 %
Chaillot – Théâtre national de la Danse
0,02 Md€
72.81 %
-
0.5 %
TNO - Théâtre national de l'Odéon
0,02 Md€
67.25 %
-
0.5 %
EPRNDP - Etablissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris
0,02 Md€
69.73 %
-
0.5 %
Ecoles d'art en Région
0,02 Md€
73.15 %
0 Md€
0.5 %
ENSAD - Ecole nationale supérieure des arts décoratifs
0,02 Md€
72.52 %
0 Md€
0.5 %
CNSMD Lyon - Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon
0,02 Md€
87.85 %
0 Md€
0.4 %
ENSCI - Ecole nationale supérieure de création industrielle
0,02 Md€
38.74 %
0 Md€
0.4 %
EPPD - Etablissement public du palais de la porte Dorée
0,02 Md€
76.64 %
-
0.4 %
ENSMIS - Ecole nationale supérieure des métiers de l'image et du son
0,01 Md€
80.04 %
-
0.4 %
ENSBA - Ecole nationale supérieure des beaux-arts
0,01 Md€
68.85 %
0 Md€
0.4 %
TNC - Théâtre national de la Colline
0,01 Md€
69.94 %
-
0.4 %
CNAP - Centre national des arts plastiques
0,01 Md€
72.71 %
-
0.3 %
TNS - Théâtre national de Strasbourg
0,01 Md€
78.07 %
-
0.3 %
OPPIC - Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la Culture
0,01 Md€
98.28 %
-
0.3 %
Musée Guimet
0,01 Md€
38.12 %
-
0.3 %
CND - Centre national de la danse
0,01 Md€
79.1 %
-
0.3 %
INP - Institut national du patrimoine
0,01 Md€
78.75 %
-
0.3 %
BPI - Bibliothèque publique d'information
0,01 Md€
94.02 %
-
0.3 %
Etablissement public du château de Fontainebleau
0,01 Md€
36.36 %
-
0.3 %
AFR - Académie de France à Rome
0,01 Md€
44.59 %
-
0.2 %
Ecole du Louvre
0,01 Md€
24.98 %
-
0.2 %
EPCCSL - Etablissement public Cité de la céramique - Sèvres et Limoges
0,01 Md€
59.56 %
-
0.2 %
CNSAD - Conservatoire national supérieur d'art dramatique
0 Md€
91.51 %
-
0.1 %
Musée Henner-Moreau
0 Md€
53.46 %
-
0.0 %
Cinémathèque française
-
-
-
-
CNAC - Centre national des arts du cirque
-
-
-
-
Ensemble inter-contemporain
-
-
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-
Musée des arts décoratifs
-
-
-
-










Critique de l'art contemporain


Aujourd’hui, les Centres d'art ?
Les centres d’art sont des lieux dédiés à la création, à la production et à la diffusion de l’art contemporain, souvent conçus comme des espaces d’expérimentation.
Voici un aperçu complet de leur rôle et de leur fonctionnement :
Définition et mission
Un centre d’art contemporain est un espace qui expose le travail d’artistes plasticiens vivants, sans constituer de collection permanente comme un musée.
Il se distingue des galeries commerciales par sa vocation non marchande et son engagement dans la création artistique. Ces centres sont conventionnés par l’État ou les collectivités locales, ce qui leur permet de bénéficier de soutiens publics.
Lieu d’expérimentation
Les centres d’art sont conçus comme des laboratoires artistiques : ils produisent des œuvres, accueillent des résidences d’artistes, et organisent des expositions temporaires.
Ils favorisent l’émergence de nouveaux talents et soutiennent la recherche artistique dans des disciplines variées : photographie, design, mode, etc.
Médiation et éducation
Ils jouent un rôle essentiel dans l’éducation artistique et culturelle, notamment auprès des scolaires, en proposant des ateliers, des visites guidées et des ressources pédagogiques.
Leur travail de médiation vise à rendre l’art contemporain accessible à tous, en créant des ponts entre les artistes et les publics.
Histoire et implantation
Les premiers centres d’art ont émergé en France dans les années 1970, avec un essor marqué à partir de 1985 grâce à la décentralisation culturelle initiée par Jack Lang.
Aujourd’hui, on compte plusieurs dizaines de centres d’art en France, répartis sur tout le territoire, souvent dans des lieux atypiques ou patrimoniaux.

Installation au Centre d'art de Pougues-les-Eaux

Critiques et limites
Certains dénoncent une tendance à l’uniformisation des pratiques et des formats d’exposition, ce qui peut réduire le rôle expérimental des centres d'art. Leur dépendance aux subventions publiques les rend vulnérables aux changements de politiques culturelles. Plusieurs centres signalent des difficultés financières. Malgré les aides publiques, ils restent souvent méconnus du grand public, comparés aux musées ou aux grandes institutions.

Origines et développement
Années 1960–1970 : La critique institutionnelle naît dans le sillage de l’art conceptuel. Des artistes comme Hans Haacke ou Daniel Buren questionnent la manière dont les musées et galeries encadrent la production artistique.
Années 1980–1990 : Une seconde génération d’artistes mais également de critiques approfondit cette démarche, en analysant les mécanismes de pouvoir, de financement et de légitimation dans l’art contemporain.
En France les centres d’art, créés pour soutenir la création vivante, deviennent eux-mêmes objets de controverse : leur dépendance aux subventions publiques et leur rôle de médiateurs entre artistes et public sont vivement remis en question.

Principaux axes de critique
Selon la théorie institutionnelle, une œuvre n’est reconnue comme art que lorsqu’une institution l’annonce comme telle. Cela soulève la question du pouvoir normatif des musées et centres d’art. Les institutions peuvent donc être perçues comme des instruments de récupération ou de neutralisation au renouvellement artistique. La dépendance aux subventions ou aux rares mais riches mécènes peut influencer les choix artistiques, limitant l’autonomie des centres d’art.
Les artistes hors institution peinent à être reconnus, ce qui renforce une hiérarchie entre art officiel et pratiques alternatives. Par ailleurs, le manque des diversités d'expression et des pratiques non occidentales dans les programmations reste patent et dommageable.

Ladite critique s'interroge sur la manière dont les centres d’art remplissent leur mission de diffusion et de soutien à la création contemporaine.
Beaucoup reprochent aux centres d’art de suivre des tendances soi-disant internationales, ce qui conduit à une homogénéité des formats (installations multimédias, performances, art conceptuel). Cela peut donner l’impression d’un art peu ancré dans les réalités locales. L’art présenté dans ces lieux est jugé hermétique ou élitiste. Les visiteurs non initiés peuvent se sentir exclus face à des œuvres conceptuelles qui nécessitent pour le moins un fort accompagnement pédagogique, très souvent vain et surfait.
Les programmations sont parfois critiquées pour privilégier des artistes déjà reconnus au détriment de véritables découvertes. Certains centres d’art sont accusés de reproduire les logiques du marché de l’art plutôt que de soutenir une diversité originale et plurielle.
Bien que les centres d’art soient implantés en régions, nombreux demeurent ceux qui estiment qu’ils ne dialoguent pas avec les cultures locales, qu’ils les ignorent en important complaisamment des modèles esthétiques extérieurs sans réelle contextualisation.